1er. TOUR DES PRÉSIDENTIELLES, INQUIÉTUDE DE GRÉGORY DOUCET !

ECOUTEZ L’INTERVIEW DE GREGORY DOUCET

Ce premier tour des élections présidentielles a sonné comme un avertissement terrible. Marine Le Pen est à nouveau aux portes du pouvoir. Cela fait trois fois que le parti d’extrême droite arrive en deuxième position pour affronter le candidat républicain. En effet en 2002, avec l’arrivée surprise de Jean-Marie Le Pen qui devançait le favori Lionel Jospin, en 2017 Marine Le Pen face à Emmanuel Macron, et maintenant en 2022, à nouveau ce face-à-face Emmanuel Macron, Marine Le Pen.

Grégory Doucet pense que l’heure est grave, évidemment elle l’est. Marine Le Pen dispose de réserves de voix et nul ne sait si des voix de gauches extrêmes ne vont pas se rallier à Marine Le Pen au deuxième tour. On joue donc avec le feu comme le confirme le Maire de Lyon. L’explosion du panorama politique a permis à Emmanuel Macron dans un premier temps en 2017 de siphonner entièrement le Parti socialiste et de le faire disparaître.

Grâce à cette manœuvre, il a pris le pouvoir en 2017. Et maintenant il y a cette deuxième phase où c’est la formation de droite qui est la cible de son dynamitage. Mais il faut s’interroger, car la 5e République avait trouvé son équilibre en permettant aux formations républicaines de se relayer au pouvoir depuis 1965 jusqu’en 2017.

Mais des forces centrifuges très puissantes font disparaître ces grands partis politiques fondateurs de la 5e République, et ce sont les partis populistes de droite et de gauche qui tirent profit de la situation.

La décomposition du paysage politique continue donc, mais avec un danger majeur celui de faire disparaître les partis républicains historiques, un risque maintenant évident, de permettre aux formations uniquement contestataires et populistes d’arriver au pouvoir.

L’effondrement des forces traditionnelles de gouvernement, voir les résultats du PS et du parti des républicains, se double donc d’une montée en puissance des courants contestataires, ultrapopulistes, nationalistes qui atteignent des sommets en matière de résultats avec 23,41 % pour Marine Le Pen et 21,95% avec Jean-Luc Mélenchon, alors que les anciens partis font 4,4 % pour les Républicains et 1,79 pour le PS. Pour mémoire il y a seulement 10 ans exactement un président socialiste gagnait la présidentielle avec une majorité à l’Assemblée PS et une majorité au Sénat. C’est donc un bouleversement absolu et très rapide.

La 5e République, qui s’était construit dans l’équilibre des forces traditionnelles qui se succédaient à la tête de la République, va-t-elle résister à cette fameuse recomposition, qui laisse, en fait, la part belle aux extrémistes ?

Daniel Dubois